Il y a dix ans, le matin du 11 Septembre, je me suis dépêchée pour traverser une partie du campus de St Mary’s College (un coin de paradis universitaire perdu sur la côte du Maryland, pas loin de Washington DC).
L’air était doux malgré l’heure plutôt matinale, et le ciel bien bleu, sans nuages. J’étais arrivée depuis moins d’un mois aux Etats-Unis, et j’étais déjà complètement sous le charme du campus. Des bâtiments de brique rouges disséminés sur des collines boisées, avec vue sur la baie du Chesapeake. Un confort dans les moindres détails pour les étudiants (St Mary’s est pourtant un College public avec des frais d’inscription chers mais pas aussi ruineux que Georgetown ou Johns Hopkins, les universités prestigieuses du coin), une atmosphère studieuse mais relax, au calme, chaleureuse, tout l’opposé de ma vie d’étudiante tristounette à Sciences-Po.
En arrivant à la bibliothèque, les portes étaient fermées. Un petit mot avait été scotché: « Due to the incidents in NYC, the library is closed. Please gather in the Campus Center ».
L’écran de cinéma du Campus Center diffusait CNN en direct. Profs, étudiants, visiteurs, tout le monde avait les yeux fixés sur cette image.
Personne ne savait quoi penser, mais l’hypothèse de la catastophe aérienne semblait la plus plausible (et la plus « rassurante », aussi horrible que cela puisse paraître).
Et c’est alors que nous avons alors vu le deuxième avion se crasher.
Le choc.
La sensation d’être dans un pays en guerre.
Aaron Brown, le présentateur vedette de l’époque, ne sait pas quoi dire ou penser. Et les téléspectateurs non plus.
Avec en plus les rumeurs d’un avion perdu toujours en vol, et le Pentagone attaqué, à un peu plus d’une heure du campus. Et impossible de rassurer sa famille ou contacter un proche. Internet et les lignes de téléphone sont HS.
Un cauchemar éveillé.
J’ai eu (et beaucoup des étudiants de St Marys) la chance de ne pas perdre d’êtres chers durant cette journée.
Mais la tristesse et la colère devant cet immense gâchis est toujours là. Surtout lorsque je me promène vers les Halles le samedi et que je vois les partisans du complot et autres théories border line facho et paranoiaques tenir tranquillement leur stand et crier leurs idioties dans un haut parleur.
New-York sera toujours New-York (et Washington aussi, you go D.C!!!).
Toutes mes pensées aux victimes et à leurs proches.
moi aussi je suis très émue par cette journée…le fait d´avoir vu les 2 tours 2 ans avant le drame…et d´avoir revu Manhattan cet été, d´avoir été sur le site…ça m´a vraiment faite prendre conscience de l´ampleur de la cata….à l´époque j´était trop jeune et égoiste pour bien en comprendre l´ampleur ..
J’ai vu les plus « belles » photos du 11 septembre, si je peux l’écrire ainsi, pas plus tard que mercredi passé quand je suis allée écouter James Nachtwey, le photographe anti-guerre qui est l’une de mes idoles, qui était à NYC ce jour-là et qui s’est réveillé au moment où l’un des avions s’est crashé dans une tour. Il racontait qu’il avait immédiatement compris que rien ne serait plus jamais comme avant pour les Américains depuis ce jour-là.