Conseil de classe

Aujourd’hui c’est mon Annual Review et j’ai l’impression de revenir 15 ans en arrière, quand je rongeais anxieusement mes ongles en attendant que soit venue l’heure du rendez-vous entre le professeur principal et mes parents.

Même avec de très bonnes notes, j’angoissais immanquablement, chaque année, car certaines matières étaient moins mon fort que d’autres, et mes parents dans le genre assez sévères sur le bulletin. J’ai été élevée dans un esprit « républicain » à la française très prononcé: l’ascension sociale par le mérite, le travail à l’école (publique)… D’où la pression sans doute involontaire, mais bien présente, de mes parents pour obtenir les meilleures notes, et pouvoir espérer un jour  »avoir une bonne situation » (et ricaner sur les fils de notables provinciaux qui peinaient à décrocher leur licence de droit).

Welcome home!!

Certes, cela vous forge le caractère, vous donne un peu plus de niaque, mais cela vous détourne aussi des parcours un peu hasardeux, qui laissent libre cours à vos passions, vos goûts… J’ai fait plaisir à mes parents, j’ai très bien réussi ma scolarité, des concours difficiles et une école réputée. Mais ma vie n’est pas aussi facile et heureuse que je l’aurais imaginé, forcément, des années auparavant (oui, bon c’est vrai, en plus j’ai toujours eu des goûts de luxe, c’est pas de ma faute, et je peux toujours pas m’acheter un 2.55 comme n’importe quelle snobinarde parisienne, mince….. ironie).

Je ne vais pas me plaindre; je pourrais vivre sur un tas de ruines à Haïtï ou sous un coin de périph parisien; j’ai des amis, une famille aimante, une vie sentimentale mouvementée, un assez bon salaire, un travail intéressant… mais la petite flamme n’y est pas.  Je m’en rends compte, là, maintenant, juste avant cette p*** d’entrevue. Quoi de mieux qu’une interrogation existentielle (passagère?) avant de passer sur le grill pour obtenir une petite augmentation, défendre vos -relatifs- succès et faire oublier -artistiquement- les petits cafouillages? Haha. Oui, encore de l’ironie.

Peut-être c’est cela devenir adulte: réaliser que certains rêves ne se réaliseront sans doute pas. Ou réaliser que si l’on ne fait rien, alors, pour sûr, ils ne se réaliseront pas.

Hum, promis, je vais passer au mieux cet entretien, me changer un peu les idées, revoir sérieusement mes projets pros et persos avant de chuter dans une grave dépression et je reviens avec un peu plus d’entrain ;-)

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6 réponses

  1. MyBeautyBox dit :

    je me rends copte que souvent, on pense pareil.Parfois, penser, c´est pas bon.

    en ce moment je lis un livre: la vie est brève et le désir sans fin.

    Ça te parle? ;-)

  2. Sam dit :

    Tant mieux si vous n’êtes pas satisfaite! C’est le signe d’un esprit sain.

  3. Koyangi dit :

    J’ai aussi eu, comme toi, une « annual review » avec mon Boss et j’espère que la tienne s’est aussi bien passé que la mienne. Si ça peut t’aider, j’aimerais rapporter ce que mon Boss m’a dit, à savoir que « j’étais trop jeune pour m’ennuyer dans la vie », dans le sens où à mon âge et certainement au tien, ça vaut la peine de se motiver et de se lancer dans de nouveaux challenges plutôt que de végéter dans un travail qui ne nous plaît que moyennement en attendant qu’arrive la retraite. Et si le travail nous intéresse que moyennement, cela vaut la peine de se battre pour le rendre conforme à ce que l’on aimerait vraiment faire. L’entendre me dire ça m’a vraiment boostée parce que je crois qu’il a tout à fait raison !

    • Littleparisienne dit :

      Merci pour ton input, qui me fait vraiment du bien pour le coup!! Je pense que ton entretien s’est bien passé ;-) Le mien aussi, au final, et on a pu justement évoquer avec mon/mes boss(es) des pistes pour une carrière qui corresponde plus à mes besoins (car en effet je ne compte pas attendre la retraite en regardant mes jolis ongles vernis hihi). Biz

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